Synopsis : Alors que Robert Heros désespère d’une réponse du ministère pour sa mutation, Lily Rivière déniche une étrange affaire dans l’Hôtel de Padleur… Une affaire qui pourrait bien aider le meilleur des pires enquêteurs.

Pourquoi avoir choisi d’adapter précisément l’arc de La Chambre des Secrets ?

L’histoire de ce film était légèrement différente au début, mais le lieux unique était dores et déjà fixé dans ma tête depuis longtemps. Je voyais ce troisième opus se déroulant dans un hôtel. J’ai hésité avec d’autres huis clos mais l’idée d’un hôtel m’étais vraiment plus intéressante. C’est lorsque j’ai commencé à me pencher en détail sur l’histoire que l’idée d’une chambre particulière qui abriterait un secret a de suite fait écho à Harry Potter. Et c’est là que j’ai eu l’idée et l’envie de « parodier » l’univers de Harry Potter. L’hôtel en lui même aurait été fade sans cette idée. Du déjà-vu inutile. A partir de là, je me suis permis pas mal de choses. J’ai aussi eu l’envie d’ouvrir un peu plus le personnage de Robert. Il fallait une évolution. Même s’il est important de dire qu’il est inutile d’avoir vu les deux premiers films, car aucune histoire n’est reliée.

Dans le synopsis, on sent un Robert Heros un peu las, en attente d’une mutation, face à une Lily Rivière qui semble être le moteur de cette nouvelle affaire. Comment la dynamique a-t-elle été travaillée entre ces deux personnages pour ce film ?

Robert Heros est un enquêteur assez bête, qui a pour habitude de se tromper tout le temps et de rien voir, même quand c’est assez évident. Mais c’est vrai qu’en écrivant le scénario, je me suis demandé s’il ne fallait qu’il évolue un peu ? J’aurais trouvé ça un peu triste de ne voir aucune évolution, aucune leçon tirée du passé. C’est aussi avec cette réflexion que j’ai eu l’idée du personnage de Lily. Elle est intelligente, douée, généreuse. Elle est l’opposé de Robert. Et c’est ça que je trouvais intéressant. Le fait d’avoir ces deux opposés, c’était pour moi un vent neuf à apporter. Il aurait pu être seul à enquêter mais ça aurait été fade. Ce qui est évident, c’est que l’un comme l’autre vont sortir grandi de cette histoire. Ils ont une amitié solide mais ça n’était pas suffisant !

Quel a été le défi technique le plus complexe à relever dans cet Hôtel de Padleur ? Est-ce que c’est la gestion de l’espace en huis clos, ou peut-être la mise en scène de ce fameux ‘secret’ parodique qui a donné le plus de fil à retordre ?

Au contraire ! Ca fait quelques moi voir un an que j’avais du mal à aller au bout d’une idée ou d’un projet. Je ne sais pas vraiment pourquoi mais c’est vrai que j’ai eu beaucoup de mal à avancer. Ce nouveau film, c’était en soit un défi, le fait d’enfin pouvoir sortir quelque chose, et quelque chose de bien. Mais je savais qu’en partant sur un Robert Heros, j’allais probablement y arriver sans trop de problème. Un Robert Heros, c’est souvent court, un huis clos donc peu de décors, peu de personnages. Certes, j’en ai fait un long-métrage, mais l’histoire que j’avais en tête ne pouvait pas être résumé en 15-20 minutes. Cela dit, j’ai quand même songé au début à sortir cette histoire en une mini-série de 4 épisodes de 15 minutes. Et quand j’y pense, ça avait la durée parfaite. Honnêtement, le plus dure cette fois-ci, je dirais que ça a été le scénario. Habituellement, c’est plus les décors ou le tournage, qui prennent le plus de temps. Là ça a été le script. Question de motivation, d’idées… Mais une fois que tu développes tes personnages, tes lieux, ton intrigue principale, ça passe rapidement. Ca vient assez vite. J’ai eu la « chance » d’avoir une panne internet pendant une semaine qui m’a quelque part aidé à écrire beaucoup plus rapidement le film. J’ai aussi évidement re-re-re-re-regardé les 8 films (spoiler : je n’ai trouvé aucune inspiration de la part des Animaux Fantastiques). Le montage a lui aussi été très rapide. Une semaine et demie était suffisante.

Justement, sans trop en dévoiler, comment a été dosé la parodie ? Est-ce que les spectateurs doivent s’attendre à retrouver des équivalents ‘Minecraftiens’ de personnages iconiques ou d’objets cultes (comme le Choixpeau, les potions ou le Basilic), ou est-ce que la parodie se joue davantage sur l’absurde et le décalage entre l’univers magique et la personnalité… disons, limitée… de Robert Heros ?

Je dirais qu’il y a un peu de tout sans être trop. Il y a des répliques cultes détournées et parodiées, des éléments clés de l’univers HP détournés aussi. Des personnages mixés avec d’autres. Des tempéraments similaires. Un univers musical parfois assez proche. Des références un peu par ici par là… Il y a beaucoup de chose que je ne mentionne pas ou presque pas. Le Quidditch n’est pas vraiment présent par exemple. J’inclus un balais au premier plan d’une scène mais je voulais tout de même que l’histoire du film prenne plus de place que les références. Néanmoins il y a aussi des similitudes dans l’histoire. Des scènes qui peuvent faire penser à… L’idée c’était vraiment d’avoir une histoire à part mais d’y incorporer l’univers de Harry Potter, et de touiller…

comment envisagez-vous la suite pour Odyssée ? Est-ce que ce succès personnel sur Robert Heros vous donne envie de continuer à explorer le format long-métrage ?

Je pense que je suis tombé dans le piège de l’excès il y a un an. Après Roi de France qui était très ambitieux et a incroyablement bien marché avec plus de 2K vues aujourd’hui, et Calico, un western ambitieux mais moins, je suis allé beaucoup trop loin sur un autre scénario. Scénario qui n’a pas bougé aujourd’hui. C’est toujours un scénario, rien d’autre. J’ai essayé justement d’avancer sur ce film, un film d’époque, mais c’est trop. Trop ambitieux, trop long, trop gros. Cependant, depuis que j’ai commencé à faire mon premier long-métrage « Double Jeu », j’ai pris goût au long film. Le long-métrage ça a vraiment été une révélation pour moi. Auparavant j’étais à fond sur les courts-métrages, qui étaient déjà long à faire. Mais depuis des améliorations effectuées, le gain de temps est devenu tel que j’ai pris goût aux longs-métrages. Oui je me penche aujourd’hui sur un projet. La stratégie de communication d’Odyssée fait que je ne vais pas plus m’étaler sur ce projet, mais oui c’est ambitieux tout de même. Mais il y a aussi un autre projet plus développé sur lequel nous sommes plusieurs à y travailler.

Pour finir, si vous deviez donner un seul conseil ou une seule raison aux spectateurs de se brancher sur Odyssée le mercredi 11 février pour découvrir Robert Heros et la Chambre des Secrets, que leur diriez-vous ? Quelle est la ‘petite touche’ unique qui fait que ce film ne ressemble à aucun autre ?

J’ai eu l’occasion de faire une projection test à ma famille. Je ne sais pas si c’est vraiment objectif, mais l’avis a été unanime. Fou rire (j’ai assisté à ça, agréablement surpris). On m’a également dit « c’est trop court ». En général quand on dit ça, c’est que ça doit plaire ? Le film fait 1h07 et 42 secondes. Oui c’est court, mais si ça doit vous faire passer un bon moment devant un film tourné sur Minecraft, je serais vraiment comblé. J’attend avec impatience de voir les retours. J’espère évidement que le film fera bien plus que les deux premiers Robert Heros. Mais le thème me donne espoir. Aux fans d’Harry Potter, vous ne devriez pas vous ennuyer, ni être déçu. Il y a je pense ce qu’il faut pour apprécier le film. Ce n’est bien sûr pas une moquerie. Au contraire. Je ne dirais pas que c’est un hommage, mais j’y ai mis mon coeur. Et puisque c’est une comédie, je dois aussi avouer que pendant l’écriture, j’ai parfois déconnecter mon cerveau pour être vraiment c*n en écrivant.

Robert Heros et la Chambre des Secrets est à retrouver le mercredi 11 février sur YouTube !